饺 (jiǎo) 帮 (bāng) est un mot chinois qui n'existe pas, mais qui, s'il existait, voudrait dire : "la clique du ravioli". Ceux qui trouveront pourquoi j'ai nommé ce blog ainsi gagneront... toute mon estime !

16 septembre 2008

Des berceuses (2)

Éventuelle pochette du single
(Gabi, cent cinquième jour sur Terre)


> le 16 septembre 2008 :


Une des chanson les plus représentatives des années 80 est sans aucun doute
"Like A Virgin" de Madonna. En effet, qui n'a jamais secoué sa mèche rebelle au rythme de cette mélopée entraînante ? Qui n'a pas ressorti, du tiroir de la commode, le chapelet de la grand-mère pour l'arborer fièrement autour du cou ? Qui n'a pas soupiré d'aise devant les déhanchements suggestifs de la Madone des média(s) ? Hein !? Hein !?..
Gabi semble aimer. Surtout que depuis quelques jours, il se met à pleurer avec une voix très aigüe. Très agaçante. Comme Madonna. 


"Comme une vierge"
par The Fabulous Jiao-Bang Sleeping Orchestra

(d'après "Like A Virgin" de Madonna, 1984)

La semaine prochaine, une autre berceuse tirée des eighties : "Sweet Dreams", d'Eurythmics (j'aurais même dû commencer par celle-là !).

11 septembre 2008

Des Cent-Jours

Janoléon, cent deuxième jour sur Terre.


> le 11 septembre 2008 :

Au matin du 24 fructidor de l'an CCXVI, jour de l'Écrevisse, la brume couvrait de son épais manteau la morne plaine de Goyang, située à quelques lieues à l'ouest de Séoul. La campagne alentour semblait résignée à l'idée qu'en son sein se déroulerait la plus terrible des épreuves que les princes allaient devoir affronter. Nul oiseau n'osait, de son chant guilleret, troubler la quiétude de l'endroit, mais au loin résonnaient encore les cris des bêtes de la nuit, tapies dans l'ombre restreinte que voulait bien accorder le jour naissant. Bientôt un tumulte, d'abord sourd, puis de plus en plus précis, vînt rompre le silence morbide de ce matin d'automne précoce. La horde impériale s'approchait, décidée et vindicative,
"comme une onde qui bout dans une urne trop pleine".
Les deux princes, voyageant côte à côte, prirent connaissance des lieux. Derrière eux, fidèle, suivait le reste de la Vieille Garde, soumise plus que jamais au bon vouloir de cette hydre à deux têtes qui faisait trembler l'Orient. On reconnaissait le maréchal G., les yeux cernés, encore estourbi des combats de la veille. À son côté cheminait la générale Y., indigène sublime que le maréchal adorait en secret ; on vit aussi les parents de la générale, endimanchés, prêts à la bataille comme de jeunes recrues. Tout ce monde-là était fort gai et bruyant, et faisait grande impression sur la populace locale, qui s'émerveillait de tant de lustre et d'aisance. Aux cris de "Vive les jumeaux !", "Qu'ils sont mignons !" ou "Comme ils sont étranges !", les badauds regardaient, curieux, le cortège traverser l'artère principale. 
En dépit de la popularité et de l'amour que leur portaient les gens simples, ses altesses Jano et Gabi peinaient à garder une contenance dans le fiacre qui les menait à leur destin. La route cahotique, la clameur diffuse du peuple aimant et la chaleur étonnament présente forçaient leurs yeux, pourtant si grands, à se clore. "Repos mérité des guerriers !", s'exclama le maréchal, toujours bienveillant envers les deux souverains, qu'il vit presque naître cent jours plus tôt. Le reste de la troupe acquiesça aussitôt...
Au fur et à mesure que les membres de la famille impériale avançaient, les contours de la citadelle se dessinaient au loin. "Tout se jouera ici", pensèrent-ils de concert. Le moment était venu, après cent jours d'aventures, de fatigue et de peine, cent jours de rires et de bonheur, cent jours légendaires, oui ! le moment était venu de fixer à jamais leur auguste portrait dans le bromure d'argent. 
L'ascension de la citadelle ne se fit pas sans heurts : le fiacre impérial, trop large, peinait à passer les portes des machines à ascension. Après de nombreuses tentatives, ils parvinrent tous au deuxième niveau du bâtiment où, déambulant dans le dédale des couloirs, ils aperçurent enfin l'enseigne tant redoutée : Studio Bambini.  Les princes, armés d'un sang-froid royal, ne daignèrent pas ouvrir même un œil. La générale, dans un sursaut de réalisme, faillit ne pas avancer plus, tant son accoutrement lui paraissait peu approprié pour l'occasion. Le maréchal, pris de panique et d'amour, la rassura de quelques mots doux et  attentionnés. Seuls les parents de la générale semblaient peu impressionnés : ils avaient préparé cette bataille avec soin et méticulosité, et avaient pensé à se vêtir et se chausser de manière adéquate. Sans doute l'expérience de ce genre d'événement leur avait dicté la marche à suivre en pareille situation. On ouvrit la porte. Le supplice allait commencer.
Ô, indescriptible affrontement !.. Mitraille, canons, tirs répétés, aveuglements, visages tordus et corps vrillés, les hostilités faisaient rage. Philippe le Hardi aurait pu dire, en de telles circonstances : "Père ! (Re)gardez-vous à gauche ! Mère ! (Re)gardez-vous à droite !" Assaillis par les invectives du faiseur d'images, cet ennemi du naturel, nos héros ne tardèrent pas à baisser la garde et à se conformer aux injonctions du maître des lieux. Triste reddition : la Vieille Garde s'est finalement rendue. Le maréchal G. est parti le premier, devant vaquer à de plus lucratives occupations, et il laissa là les deux princes face à leur sort, dans le crépitement lumineux des flashs du studio. L'Histoire gardera le souvenir de cette trahison...

"Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants, 
Tremble encor d'avoir vu la fuite des géants !"


Nota bene : Les cent jours d'un bébé sont très importants dans la culture coréenne traditionnelle, où la mortalité infantile était encore forte il y a peu. On fête donc le centième jour des enfants en invitant la famille et les amis et en prenant les premières photos. Nous, on a juste pris les photos, qui seront prêtes dans quinze jours... 

04 septembre 2008

Du premier trimestre


Jano et Gabi, quatre-vingt-dixième jour sur Terre.


> le 4 septembre 2008 :

À l'occasion de l'anniversaire des trois mois de Jano & Gabi ©, je vais vous exposer la façon dont vont se dérouler les prochains événements marquants de la smala francoréenne.

D'abord, dans deux semaines devrait arriver l'assistante maternelle (sino-coréenne du nord-est de la Chine (eh oui, en Corée c'est les Chinoises qui font les nourrices...)) qui devra s'occuper des deux moujingues. En espérant que tout se passe bien (car elle va habiter avec nous (autre particularité asiatique) pendant trois ans au moins)...
Ensuite, YY va reprendre son travail après quatre mois de congé maternité. Je ne vous cache pas qu'elle traîne un peu des pieds pour y retourner, ne voulant pas confier ses chérubins à n'importe qui (mais bon, on a besoin d'oseille, aussi...)...
Puis, début décembre, on doit déménager pour aller (enfin) dans notre maison située au cœur de Séoul, dans le quartier "coréen traditionnel". On ne sait pas encore comment on va s'organiser (on cherche également à racheter un terrain, contigu à notre propriété (ça m'fait tout drôle d'écrire ça), qui appartient à la mairie : c'est pas gagné*)...
Entre temps je cherche un autre emploi (salaire plus important / moins d'heures de travail / plus (+) de vacances (c'est pas banal, ça, hein ?!)), plus près de notre nouvelle adresse. C'est pas gagné non plus...
Enfin, on doit agrandir notre voiture, c'est-à-dire en acheter une autre (mais pas d'idées pour le moment / pas d'argent non plus)...

Voilà pour le planning de fin d'année. Vivement Noël !

* Un jour, je raconterai en détail cette aventure. Restez connectés...

02 septembre 2008

De la ressemblance




> le 2 septembre 2008 :

Pour la première fois depuis leur naissance, et pour fêter leur quatre-vingt-dixième jour sur Terre, j'ai décidé de sortir de son fourreau mon plus beau crayon à papier 4B pour dessiner nos deux pueri (pour les latinophobes : ça veut dire enfants). Appollon, dieu des arts, soit clément avec moi !
A priori, on pourrait penser que c'est super-fastoche de gribouiller un moutard : "Allez ! Une patate pour la tête, deux traits pour les yeux (après tout, ils sont à moitié asiatiques), deux bouts d'oreilles et un peu de cheveux et hue, mèmère ! le tour est joué !" C'est pas totalement faux...
Dans le cas des jumeaux, on se heurte assez rapidement à l'obscur dilemme de la représentation de l'individu, c'est-à-dire trouver l'équilibre différence/ressemblance. Bien sûr, leurs points communs physiques sont légions. À tel point qu'il m'arrive parfois d'y regarder à deux fois avant de distinguer Romulus de Remus... 
Pourtant leurs particularités respectives sautent aux yeux. Aucune confirmation médicale n'a été fournie (malgré notre requête : on avait demandé avant la césarienne qu'ils fassent un examen génétique du cordon ombilical, pour connaître exactement leur lien de géméllité (le facétieux obstétricien nous avait même ri au nez en déclarant : "Ben, quand i' sortent, vous les mettez côte à côte et vous les regardez et pis vous verrez bien!" Hum... La sagesse orientale n'a pas de limites.), mais il semblerait que nos bambins soient bien dizygotes. Sous ce terme barbare (je vous rassure, Jano et Gabi ne sont pas les descendants d'une envahissante tribu germanique...) se cache l'appellation scientifique qui signifie faux jumeaux. Il y aurait donc eu deux ovules au départ : ils sont comme des frères (normaux, j'allais dire...), sauf qu'ils sont nés le même jour. Différents dans la ressemblance. Un quasi alter ego.

01 septembre 2008

De l'image en mouvement (3)


Un mobile, Jano, puis Gabi, quatre-vingt-huitième jour sur Terre.