饺 (jiǎo) 帮 (bāng) est un mot chinois qui n'existe pas, mais qui, s'il existait, voudrait dire : "la clique du ravioli". Ceux qui trouveront pourquoi j'ai nommé ce blog ainsi gagneront... toute mon estime !

18 août 2008

De l'atavisme

Jano, soixante-quinzième jour sur Terre.

Gabi, soixante-quinzième jour sur Terre.


> le 18 août 2008 :

Il est un passe-temps distrayant dont on ne se lasse pas quand on a des enfants : observer, comparer, remarquer et noter les similitudes qui pourraient (ou pas) exister entre ses rejetons et leurs aïeux. C'est un loisir légitime et rassurant pour les nouveaux parents (surtout le père, évidemment) qui voient dans cette récréation le "bilan" de leur apport génétique respectif. Cependant, il est plus raisonnable que ce jeu de comparaison se pratique 'intra-domos' (pour faire un néologisme...). Hors la demeure, les choses tournent assez vite en eau de boudin.
On aurait pu entendre, de-ci, de là (bien que Jano et Gabi aient échappé à tout ça) : "Tiens, regarde ! Il a le nez de son père !" ou "T'as vu !? Il a le même sourire que sa grand-mère !", voire "Dingue ! Il a carrément les mêmes oreilles que l'arrière-grand-oncle !", qui sont des exclamations courantes et finalement, assez sympathiques. Tout cela vaut mieux que de subir des analogies animalières mal à propos, du genre : "Eh ! Vise la bobine de phacochère !" ou "Quelques poils en plus et i' grimpait aux arbres, ton gamin !" Heureusement, aucune de ces affirmations n'a concerné notre progéniture...
J'en viens donc au but de mon propos : peut-on décemment penser qu'un enfant est le simple miroir convexe qui renvoie l'image de ses géniteurs ? La science nous apprend qu'il partage (biologiquement) le patrimoine génétique de ses parents de façon équitable. Qu'en est-il du caractère ? Est-il du domaine de l'inné ou de l'acquis ? L'éducation (parentale d'abord, puis scolaire et sociale) jouera bien sûr un rôle primordial dans le développement intellectuel et spirituel, mais on (et par "on", je veux dire "je") peut pourtant distinguer, à partir d'un âge précoce, les signes avant-coureurs de telle ou telle particularité comportementale (pourtant je ne dirai pas qu'on peut détecter chez l'enfant la tendance à la délinquance ou au crime, comme avait pu le faire en son temps un certain ministre de l'Intérieur devenu président de la République).
Tout ça pour dire que la personnalité de nos fils se précise. Jano, à l'instar de (toute la famille de) son père, est moins expansif et souriant (bien que les choses aient évolué ces derniers jours) que Gabi, qui passe des heures à se bidonner en voyant nos caboches. Gabi aussi qui, par son côté maternel (enfin, du père de sa mère...), a des mains et des pieds presque aussi grands que les miens, et qui se distingue de son frère par l'assourdissant tintamarre de ses tétées, toujours entrecoupées de violentes gesticulations (sans doute son côté coréen se manifeste plus vite que chez son aîné). Jano lui, ne se nourrit qu'avec son index posé sur la joue, comme s'il réfléchissait à quelque problème philosophique (il a, surtout quand il mange, l'expression d'un intellectuel se demandant si l'esthétique transcendantale est vraiment la source de la métaphysique kantienne)... 
Mes fils ont, bien sûr, mille autres caractéristiques qui me viennent à l'esprit en écrivant ces lignes, mais le bon sens et la prudence me commandent d'arrêter ici : le propre de l'enfant n'est-il pas d'évoluer et de changer (physiquement et mentalement) jusqu'à devenir l'opposé de ce qu'il était encore quelques mois avant ? 
Dans deux mois, qui sait si je ne vais pas écrire le contraire de tout ce qui précède ?..