饺 (jiǎo) 帮 (bāng) est un mot chinois qui n'existe pas, mais qui, s'il existait, voudrait dire : "la clique du ravioli". Ceux qui trouveront pourquoi j'ai nommé ce blog ainsi gagneront... toute mon estime !

26 août 2008

Des berceuses (1)

Éventuelle pochette du single 
(Jano et Gabi, quatre-vingt-quatrième jour sur Terre)


> le 26 août 2008 :


Après avoir ressassé 
"Une chanson douce", "Salade de fruits", "Colchiques dans les prés" et autres "Fais dodo Colas mon p'tit frère" pendant des heures, et pour de raisonnables raisons de mélomanie et de pédagogie musicale, j'ai récemment décidé d'endormir mes enfants au(x) son(s) de berceuses qui, originellement, n'en sont pas : l'idée (ou le hideux concept de base) est de transformer une chanson popo-rocko-punko-gothico-new wave ou soulo-rnbo-hiphopo-funky (ou folko-blueso-jazzo-... bon d'accord, j'arrête !) en délicate berceuse enfantine. C'est pas mignon tout plein, ça ? Ainsi la première chanson à être adaptée sera "Boys Don't Cry" de The Cure (1979), titre au message clair et direct (à l'attention de Jano & Gabi). En avant-première, donc :


"Les garçons ne pleurent pas"
par The Fabulous Jiao-Bang Sleeping Orchestra

(d'après "Boys Don't Cry" de The Cure, 1979)

D'autres mélodies super-chouettes suivront, avec une première série dédiée aux années 80, afin que papa et maman s'éclatent pendant que les minots s'endorment... 

18 août 2008

De l'atavisme

Jano, soixante-quinzième jour sur Terre.

Gabi, soixante-quinzième jour sur Terre.


> le 18 août 2008 :

Il est un passe-temps distrayant dont on ne se lasse pas quand on a des enfants : observer, comparer, remarquer et noter les similitudes qui pourraient (ou pas) exister entre ses rejetons et leurs aïeux. C'est un loisir légitime et rassurant pour les nouveaux parents (surtout le père, évidemment) qui voient dans cette récréation le "bilan" de leur apport génétique respectif. Cependant, il est plus raisonnable que ce jeu de comparaison se pratique 'intra-domos' (pour faire un néologisme...). Hors la demeure, les choses tournent assez vite en eau de boudin.
On aurait pu entendre, de-ci, de là (bien que Jano et Gabi aient échappé à tout ça) : "Tiens, regarde ! Il a le nez de son père !" ou "T'as vu !? Il a le même sourire que sa grand-mère !", voire "Dingue ! Il a carrément les mêmes oreilles que l'arrière-grand-oncle !", qui sont des exclamations courantes et finalement, assez sympathiques. Tout cela vaut mieux que de subir des analogies animalières mal à propos, du genre : "Eh ! Vise la bobine de phacochère !" ou "Quelques poils en plus et i' grimpait aux arbres, ton gamin !" Heureusement, aucune de ces affirmations n'a concerné notre progéniture...
J'en viens donc au but de mon propos : peut-on décemment penser qu'un enfant est le simple miroir convexe qui renvoie l'image de ses géniteurs ? La science nous apprend qu'il partage (biologiquement) le patrimoine génétique de ses parents de façon équitable. Qu'en est-il du caractère ? Est-il du domaine de l'inné ou de l'acquis ? L'éducation (parentale d'abord, puis scolaire et sociale) jouera bien sûr un rôle primordial dans le développement intellectuel et spirituel, mais on (et par "on", je veux dire "je") peut pourtant distinguer, à partir d'un âge précoce, les signes avant-coureurs de telle ou telle particularité comportementale (pourtant je ne dirai pas qu'on peut détecter chez l'enfant la tendance à la délinquance ou au crime, comme avait pu le faire en son temps un certain ministre de l'Intérieur devenu président de la République).
Tout ça pour dire que la personnalité de nos fils se précise. Jano, à l'instar de (toute la famille de) son père, est moins expansif et souriant (bien que les choses aient évolué ces derniers jours) que Gabi, qui passe des heures à se bidonner en voyant nos caboches. Gabi aussi qui, par son côté maternel (enfin, du père de sa mère...), a des mains et des pieds presque aussi grands que les miens, et qui se distingue de son frère par l'assourdissant tintamarre de ses tétées, toujours entrecoupées de violentes gesticulations (sans doute son côté coréen se manifeste plus vite que chez son aîné). Jano lui, ne se nourrit qu'avec son index posé sur la joue, comme s'il réfléchissait à quelque problème philosophique (il a, surtout quand il mange, l'expression d'un intellectuel se demandant si l'esthétique transcendantale est vraiment la source de la métaphysique kantienne)... 
Mes fils ont, bien sûr, mille autres caractéristiques qui me viennent à l'esprit en écrivant ces lignes, mais le bon sens et la prudence me commandent d'arrêter ici : le propre de l'enfant n'est-il pas d'évoluer et de changer (physiquement et mentalement) jusqu'à devenir l'opposé de ce qu'il était encore quelques mois avant ? 
Dans deux mois, qui sait si je ne vais pas écrire le contraire de tout ce qui précède ?..

16 août 2008

De l'image en mouvement (2)


Gabi, soixante-treizième jour sur Terre.

De l'image en mouvement (1)


Jano puis Gabi puis Jano, soixante-treizième jour sur Terre.

11 août 2008

De la bosse

Mon Jano tout misérable pour son soixantième jour sur Terre...


> le 11 août 2008 :

Ces dernier jours ont été relativement éprouvants car Jano présentait une protubérance bleutée bien étrange, juste au-dessus du testiboule droit. Pris de panique, nous nous sommes précipités chez le médecin qui, diagnostiquant une hernie, nous conseillait quand même de voir un spécialiste. Re-pris de panique, YY est allée avec Jano au plus grand hôpital séoulite, où le-dit spécialiste voit, non pas une hernie, mais une poche d'eau, un truc dans le genre (lost in translation)... Mais rien d'alarmant et surtout pas besoin d'opérer maintenant (si jamais besoin d'opérer il y a). Bien sûr, l'évolution de la bosse est à surveiller, et on retournera là-bas dans dix mois pour une nouvelle visite.
Bilan de la première dizaine d'août : une grosse frayeur sur une grosse chaleur...

P.S. : Pendant ce temps-là, ...

Gabi, soixante-huitième jour sur Terre

04 août 2008

De l'anecdote (1)

Schéma explicatif


> le 4 août 2008 :

Petite anecdote para-familiale :
Bien que je n'aie aucun intérêt personnel à raconter cette histoire (qui met si peu en valeur mon raffinement et ma délicatesse), l’aventure est si burlesque que je n’ai pas pu résister.

Comme vous vous en doutez, les bébés qui dorment sont très sensibles au bruit. YY et moi nous efforçons donc d’être les plus discrets possibles afin de ne pas réveiller nos chères têtes châtains. Notre demeure étant relativement modeste, l’endroit délicat se trouve être les toilettes, situées juste à côté de leur chambre. Et, en cet été si chaud, toutes les portes de l’appartement doivent rester ouvertes, histoire de laisser passer un peu d’air. C’est dimanche. Il est une heure du matin. Il faut que j’aille
lancequiner.
Avec l’agilité et la souplesse du
ninja, je m’introduis en tapinois dans le lieu d’aisance. La porte, cette vieille ennemie du silence, n’a pas grincé ; tout est calme... “Le plus dur est fait”, ai-je pensé naïvement. Je commence mon affaire, non sans tenir fermée la porte avec ma jambe gauche [voir figure 1], afin d’étouffer le chant de la fontaine. Les flots s’emportent, mais je maîtrise le volume sonore par une habile trajectoire. Ce faisant, je m’aperçois que mon membre inférieur droit, par l’absence de résistance physique dûe à la pellicule aqueuse recouvrant le sol (on avait donné le bain aux enfants un peu plus tôt...), ma jambe donc, entame un mouvement rectiligne latéral opposé au centre de gravité (c.-à-d. : mon pied glisse vers la droite) [voir figure 2] ! Et voilà votre serviteur, dans une position des plus inconfortable (J.C.Van D.’s style), ajustant les paramètres de la parabole liquide pour ne pas souiller le carrelage ! Je tente de rappeler la jambe fugueuse au bercail, mais rien n’y fait ! l’ingrate guibole ne veut pas entendre raison... Je capitule.

Je ne m’étendrai pas sur le funeste dénouement de cette histoire et ses conséquences désastreuses pour mon amour-propre, mais l'optimiste candide que je suis se souviendra quand même de l'épilogue positif qui vient clore cet "événement" :
personne n’a été tiré de son sommeil cette nuit-là.

03 août 2008

De la fraternité

Pour leur cinquante-neuvième jour sur Terre,
Gabi assène une gauche soudaine à son frère Jano.


> le 3 août 2008 :

Avant-hier, je posais et répondais à plusieurs questions qui m'avaient traversé l'esprit ces derniers jours. Cependant une d'entre elles reste sans réponse : "À partir de quand les jumeaux réalisent-ils qu'ils sont deux ?" En observant attentivement mes fils évoluer, et en mettant de côté tous les moments où ils ne mangent / ne dorment / ne pleurent / ne défèquent / n'urinent pas (ce qui laisse une fenêtre de quelques minutes par jour...), j'ai pu remarquer que les cris de l'un stoppaient (la plupart du temps) ceux de l'autre, mais qu'en les mettant côte à côte, ils s'ignoraient de la plus dédaigneuse façon. Je doutais jusqu'ici qu'un d'entre eux ait conscience de l'existence de l'autre, pourtant aujourd'hui les événements m'ont fait changer d'avis : se tenant l'un près de l'autre, sans pleurer, à peine sortis des bras de Morphée, ils se sont regardés un moment avant de commencer à nerveusement agiter les quatre (x 2 = 8) membres et entamer un pugilat aussi violent qu'éphémère (Punch par-ci ! Crochet par-là ! Saut de l'ange ! Prise de l'ours !..) dont je tairai le nom du vainqueur pour ne pas porter préjudice au vaincu. Après tout, quelle meilleure entrée en matière dans l'apprentissage de la vie sociale ? Je n'ai d'ailleurs pas à remonter très loin dans mes souvenirs pour revoir les combats épiques que nous avions, mon frère et moi (combats que je gagnais toujours, cela va sans dire...). Bah ! Qu'importe ! YY et moi, on appréhende seulement les vingt prochaines années pleines de coups et de cris, de pansements et d'alcool, de remontrances et de pleurs... Après, tout ira mieux !

01 août 2008

De la vision



> le 1er août 2008 :

Un des bons côtés d'être néo-parents au XXIe siècle est de pouvoir utiliser internet à chaque fois qu'une question se pose. Pas seulement en cas de problème sanitaire ou d'inconfort (il vaut mieux aller emmerder un médecin...), mais aussi dans les moments où l'on se demande mollement, pendant qu'on donne le biberon à quelque nouveau-né : "Tiens ? Comment ça voit, un bébé ?" (certains auront pu connaître le même genre d'expérience en caressant un chien ou en fixant une vache dans les yeux...)Alors vous googlez une question, ils vous wikipédient une réponse, on yahoote des interrogations et on vous dailymotionnise des vidéos explicatives, tout ça en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "web". Évidemment, il faut savoir raison garder et ne pas prendre pour argent comptant (content ?) tout ce qu'on trouve sur le réseau. Mais bon, à défaut d'autres sources de renseignements...

Voici donc la réponse à la question sus-citée : un bébé, à deux mois, ça voit encore en noir et blanc mais il distingue déjà le rouge et le vert (je me suis demandé pourquoi ces deux couleurs particulièrement, et je crois tenir la solution : c'est pour qu'il puisse assez vite reconnaître le père Noël d'un vulgaire alcoolique barbu tout crado...), il voit assez net jusqu'à 60 cm et le champ de vision est restreint à 60~80 cm de large. Tout le reste c'est du flou et c'est fait exprès : le nouveau-né ne stresse pas car il ne peut voir que les gens qui s'approchent assez pour s'occuper de lui, et pas les dangers potentiels qui se présenteraient au loin. Enfin, c'est ce que certains disent...

Une autre question qui me taraudait, et pas des moindres : "Tiens ? Pourquoi les petits d'homme ne savent-ils pas se déplacer tout seuls dès qu'ils naissent ?" Après tout, à peu près n'importe quel animal nouvellement né est capable de se mouvoir assez vite, c'est une affaire d'heures, voire de jours...
J'ai trouvé une réponse possible dans un livre cette fois (un bouquin d'Albert Jacquard), qui rapporte une théorie assez lumineuse : les humains ayant développé leur cerveau de façon considérable pendant des dizaines de milliers d'années (merci la station debout ;-), le volume crânien a fortement augmenté. Le bassin des femmes étant resté le même, la naissance devait arriver plus tôt dans le développement du foetus, de façon à pouvoir mettre au monde plus facilement. Donc le stade de développement du nouveau-né homme est bien inférieur à celui du singe ou du chien, par exemple... Suffisait d'demander !